"Qui perd paye ..." : le droit européen des aides d'Etat comme morale punitive

Résumé : Le droit européen de la concurrence cultive une aversion pour les aides d’Etat aux entreprises en difficulté qui va bien au-delà des seuls arguments de l’analyse économique. Une étude de cas menée à propos du sauvetage du Crédit Lyonnais en révèle le principe : ce que la Commission leur reproche essentiellement tient au fait que des entreprises, se sachant aidées en cas de difficulté, puissent prendre des risques inconsidérés et ne pas en assumer les conséquences. Les aides d’Etat sont condamnables car elles font entorse à la « loi morale du marché » qui veut la faillite comme juste sanction de la mauvaise gestion. Ce sont donc moins les distorsions de concurrence que la Commission stigmatise dans les aides d’Etat que d’autres distorsions bien plus coupables à ses yeux : celles de la morale du marché et du régime de vie et de mort économiques. Les très lourdes contreparties dont la Commission assortit les autorisations d’aides apparaissent alors, pour une part, comme une sorte de punition substitutive appliquée en lieu et place des douleurs de la faillite ou de la restructuration qui auraient été « normalement » encourues par l’entreprise.
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Critique Internationale, Presses de sciences po, 2006, 33 (4), pp.55-78
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Contributeur : Pepita Ould Ahmed <>
Soumis le : jeudi 9 mars 2017 - 12:13:21
Dernière modification le : jeudi 11 janvier 2018 - 06:18:52

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Citation

Frédéric Lordon, Pepita Ould-Ahmed. "Qui perd paye ..." : le droit européen des aides d'Etat comme morale punitive. Critique Internationale, Presses de sciences po, 2006, 33 (4), pp.55-78. 〈ird-01485696〉

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