Or bleu et grands ensembles économiques : une redéfinition en cours des rapports de force interétatiques ?

Résumé : Luc Descroix, hydrologue, Institut de Recherche pour le Développement, LTHE, Grenoble Frédéric Lasserre, géographe, Université Laval, Québec Le droit de l'eau et la notion de souveraineté sur cette ressource ont largement évolué durant le XX e siècle. Les accords entre États ou les organismes de bassin interétatiques savent de plus en plus faire appel à des solutions équitables pour tous, une tendance incarnée dans la Convention de New York de 1997. Toutefois, il reste des cas de figure notoires où le droit international demeure inappliqué. La demande d'eau croît très rapidement avec la croissance démographique et la hausse générale du niveau de vie et d'hygiène de la population mondiale, dans un contexte où le changement climatique fait craindre une raréfaction de la ressource. Cette tension générale sur les ressources, qu'on impute volontiers à l'explosion de la demande de pays émergents, après les décennies de laxisme hydrologique qui ont servi de socle à la forte croissance des pays du Nord, peut être réglée dans le contexte actuel :-d'une part, du fait du discours général sur la gestion des ressources, ces pays émergents savent la ressource limitée et devront composer ; on peut souligner à ce titre le rôle d'organisations internationales comme la Banque mondiale dans la signature du traité de l'Indus entre Inde et Pakistan en 1960, ou de l'Agence canadienne de développement international (ACDI) et du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) dans la constitution de l'Initiative du bassin du Nil (IBN).-d'autre part, l'essentiel de la demande en eau dans les pays en développement est imputable au secteur agricole (de 75 à 90 % de la consommation), secteur où existe un fort potentiel d'économie (techniques d'irrigation plus efficientes). A contrario, des contraintes existent à la constitution d'institutions efficaces :-la persistance de la méfiance entre les États, qui se traduit notamment par le refus du partage des données hydrométriques ; tel est le cas par exemple entre Chine et Russie sur l'Amour, ou entre pays du bassin du Mékong ;-Le poids politique du dogme de l'autosuffisance alimentaire, qui rend très difficile d'accepter toute concession quant aux volumes d'eau à partager (Égypte notamment) ;-La crainte de heurter un monde rural souvent en crise (Asie centrale, Égypte). La Convention de 1997 consacre la notion de « souveraineté territoriale limitée » entre États d'un même bassin, qui stipule que tout État a le droit d'utiliser les eaux coulant sur son territoire, à condition de ne pas porter préjudice aux intérêts des États voisins ; ce principe se substitue depuis quelques décennies aux principes antérieurs de « souveraineté territoriale absolue » et « d'intégrité territoriale absolue ». À travers quelques études de cas, nous verrons comment les développements institutionnels récents peuvent réduire les tensions autour de la gestion de l'eau, qui appelle une coopération internationale, pas toujours facile, mais incontournable.
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Contributor : Luc Descroix <>
Submitted on : Wednesday, June 12, 2019 - 11:59:46 AM
Last modification on : Monday, September 2, 2019 - 2:46:08 PM

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Luc Descroix, Frédéric Lasserre. Or bleu et grands ensembles économiques : une redéfinition en cours des rapports de force interétatiques ?. Revue d'études internationales et stratégiques, 2007. ⟨ird-02153518⟩

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